26/05/2014

Refus de vote pour Karima et sa maman à Bressoux : Le Président du Conseil de quartier interpelle les autorités

Karima.jpgD’origine marocaine mais naturalisées belges depuis des années et ayant déjà voté à plusieurs reprises, Karima et sa maman se sont vu refuser l’accès au bureau de vote de l’école communale Brigade Piron, à Bressoux, ce dimanche matin.

Selon le Journal La Meuse, Le président du bureau avait décrété qu’elles étaient persona non grata en vertu de l’interdiction du port ostentatoire de signes religieux car elles étaient voilées… La police est intervenue, le président du bureau a finalement fait profil bas et les deux Liégeoises ont pu voter. Mais elles se sentent humiliées.

Patrice Lempereur qui a lu l'article paru ce lundi constate : "c’est une terrible humiliation que Karima et sa maman ont subie en ce dimanche d'élections".

En qualité de Président du Conseil de quartier, Patrice Lempereur déclare " je ne peux rester insensible face à cette situation et compte sur le soutien du Bourgmestre et de l'Echevine de l'Etat civil de la Ville de Liège afin que de telles mentalités changent et que plus aucune responsabilité de Président de bureau, ne soit donnée à ce citoyen qui n'a pas mesuré l'ampleur et les conséquences de ses initiatives malheureuses".

Compte tenu de cette situation, j'ai également demandé aux autorités d'être tenu au courant de la suite administrative à donner à cet incident.

Karima et sa maman, voilées, refusées dans un bureau de vote de #Bressoux

Bressoux, élections, bureau de voteD’origine marocaine mais naturalisées belges depuis des années et ayant déjà voté à plusieurs reprises, Karima et sa maman se sont vu refuser l’accès au bureau de vote de l’école communale Piron, à Bressoux, ce dimanche matin.

Le président du bureau avait décrété qu’elles étaient persona non grata en vertu de l’interdiction du port ostentatoire de signes religieux car elles étaient voilées… La police est intervenue, le président du bureau a finalement fait profil bas et les deux Liégeoises ont pu voter. Mais elles se sentent humiliées.

C’est une terrible humiliation que Karima et sa maman ont subie en ce dimanche d’élections. Les deux femmes, qui sont naturalisées belges depuis longtemps et qui ont déjà voté à plusieurs reprises, ont carrément été mises à la porte de leur bureau de vote à Bressoux… En cause, leur voile. Un voile classique pour l’une, un simple foulard sur la tête pour la plus âgée, il n’est pas question ici de burka ni de niqab ! «  Le voile que je porte aussi sur ma carte d’identité et qui n’a jamais posé problème à mon travail  », précise Karima, qui ne comprend absolument pas l’attitude du président du bureau de vote.

Il était 8h55 quand la fille et sa mère se sont présentées au bureau de vote non loin de chez elles, à l’école communale Piron de Bressoux. D’emblée, le président du bureau, un homme âgé d’une bonne trentaine d’années, a refusé l’entrée aux deux dames. Il a invoqué «  l’interdiction du port ostentatoire de signes religieux  » pour se justifier. «  Nous faisions la file, il nous a dit : « Vous ne rentrez pas, ou vous enlevez votre voile  », poursuit Karima. «  J’ai demandé : « Mais pourquoi ? » Il m’a répondu : « C’est comme ça !  » Parmi les nombreux citoyens présents dans le bureau de vote, personne n’a pris la défense de Karima. Au contraire même, une dame a donné raison au président de bureau…

«  J’étais allé voter un peu plus tôt  », embraie Zouhair, le mari de Karima, «  et, déjà là, ce monsieur avait demandé à une dame devant moi d’enlever son voile, ce qu’elle avait fait  ».

Désemparée, Karima appelle son mari à l’aide : «  Je suis allé voir, me disant que peut-être elles exagéraient la situation… Mais non ! Le président m’a confirmé ce qu’il avait dit et, sur mon insistance, il a dit qu’il allait se renseigner. Il a effectivement passé un coup de fil, puis m’a dit en raccrochant qu’il avait bel et bien raison  ».

Zouhair décide alors d’appeler la police à l’aide, l’agent présent sur place ayant déclaré qu’« il ne pouvait rien y faire ». Ce n’est toutefois qu’après un second appel, et après avoir glissé que «  l’affaire risquait de virer à l’émeute  », que la police a fait le déplacement. En nombre, et avec le PBA !

«  Ils sont allés parler avec le président de bureau et sont revenus quelques minutes plus tard, en nous disant qu’il n’y avait plus de problème, que Karima et sa maman pouvaient aller voter  », continue Zouhair. «  Il est jeune, il faut le comprendre, excusez-le », m’a dit un policier  ». La police aurait également fait comprendre qu’il valait mieux ne pas acter les faits. Mais Zouhair compte bien aller porter plainte ce lundi matin à la police. «  Au total, l’affaire a duré deux heures. Mais ce n’est pas tant ces deux heures à se battre pour un droit fondamental qui sont importantes, que le fait que ce genre de personnes, après, s’attaque à un niveau supérieur, et l’intolérance grandit  ».

«  Vous savez, je vote ici en Belgique depuis mes 18 ans  », conclut Karima. «  J’ai toujours vécu ici et c’est la première fois que je ne m’y sens pas à ma place, qu’on me fait me sentir étrangère. Je suis humiliée et ma maman, qui a 75 ans, est choquée et est toujours en train de pleurer…  »

Cécile Vrayenne, journaliste