22/02/2014

Pour VEGA : Il faut une grande gare à Bressoux !


gare vega.pngAlors que les travaux de sa démolition avancent rapidement, une quinzaine de militants de VEGA ont déposé une gerbe, ce vendredi matin, aux pieds de la gare de Bressoux. Une oraison funèbre a été prononcée à la mémoire de la défunte (photo).

Cette gare, construite en 1973, était laissée à l’abandon par la SNCB depuis 2005 lorsque celle-ci a décidé de fermer une série de « petites gares » et que Bressoux a été requalifié en simple « point d’arrêt ». Lors de l’annonce de la fermeture de ces 22 « petites gares », le ministre wallon Philippe Courard avait annoncé que la Région wallonne aiderait à la reconversion de ces bâtiments et ne les laisserait pas devenir des chancres urbains. Dans la foulée, un projet de service aux personnes handicapées, de bibliothèque de quartier et même de maison intergénérationnelle avait été annoncé par l’échevin des Services sociaux Jacques Marneffe pour la gare de Bressoux.

Force est de constater qu’il n’en a rien été et que le bâtiment a été laissé à l’abandon et livré au pillage. Ceci constitue un gâchis insupportable pour un bâtiment de moins de 40 ans et qui jusqu’en 2003 accueillait une activité de train-couchettes. À l’heure des avions low-cost, on se souviendra avec tristesse de cette solution écologique abandonnée lorsque la SNCB décida de supprimer les trains internationaux, autres que les TGV au motif que le service n’était plus rentable. Pourtant le service marchait bien avec 102 000 billets vendus en 2002. Les conditions dans lesquelles les usagers de la SNCB qui prennent le train à Bressoux doivent aujourd’hui le faire son indignes. L’association « Navetteurs.be » a d’ailleurs récemment classé Bressoux parmi les 19 pires PANG (point d’arrêt non gardés) sur les 191 que compte la Wallonie.

VEGA demande qu’un projet intégré soit conçu et mis en oeuvre pour l’ensemble du site de Bressoux, en vue d’en faire un réel noeud multimodal connectant le tram, le train, le bus et le grand parking-relais de 750 places qui est prévu dans le cadre du projet de tram.

Ce qui selon nous doit nécessairement inclure :

  • La réouverture d’une vraie gare, avec tous les services nécessaires (guichets, espace d’attente et d’accueil des voyageurs abrité et chauffé, commerces, stationnement sécurisé pour les vélos, station Cambio, etc).
  • Une connexion bien meilleure que celle qui est actuellement prévue entre les différents modes de transports qui seront présents sur le site (rappelons que Bressoux est l’un des rares points du réseau où la ligne 1 du tram rencontrera le chemin de fer). Cela pourrait se traduire par un axe cyclo-pédestre reliant la rue de Visé au site de Coronmeuse, via deux passerelles (une au-dessous des rails, donnant accès aux quais ; une autre au-dessus de la Meuse).
  • Un projet urbanistique préalable (Master Plan) sur l’ensemble du site de la plaine de Bressoux, visant à articuler de façon cohérente les différentes fonctions prévues, à en développer de nouvelles (par exemples des espaces de coworking) et à favoriser la mixité fonctionnelle et la densification sur ce site exceptionnellement bien situé.
  • La préservation des capacités nécessaires à l’accueil futur du Réseau express liégeois (REL), et en particulier, la mise en place d’une zone de réservation permettant de construire, à l’avenir un franchissement ferroviaire de la Meuse (ce que l’implantation du centre de remisage et de maintenance du tram compromettra fortement, si elle n’est pas modifiée).

Nous sommes persuadés que Liège a besoin d’une grande « gare du Nord » pour permettre aux habitants du Nord de l’agglomération — voire de la Basse-Meuse et du Plateau de Herve — d’opter plus souvent et plus facilement pour une alternative à la voiture.

Plus globalement, c’est la politique actuelle de la SNCB qui pose question. Celle-ci est axée sur les grandes lignes et les gares somptuaires (pensons aux gares Calatrava de Liège et de Mons). À la suite de l’association « navetteurs.be » qui plaide en ce sens dans sa récente étude, nous prônons la réaffectation d’un budget comme par exemple celui attribué à la gare de Charleroi-Sud dans le PPI 2013-2025, soit 110 Mio € (80 Mio € au fédéral + 30 Mio au régional) et sa répartition sur les PANG de la région qui risquent à plus ou moins long terme une fermeture pour cause d’insalubrité.

Nous appelons toutes les forces vives liégeois à se mobiliser en faveur d’un redéploiement de l’offre ferroviaire dans l’agglomération et afin que la SNCB cesse de délaisser le service de proximité comme elle a de plus en plus tendance à le faire.

 

Position de Patrice Lempereur, Président du Conseil de quartier de Bressoux Droixhe

demolition gare.pngPour Patrice Lempereur, Président du Conseil de quartier de Bressoux Droixhe "La gare de Bressoux est en train d’être démolie par la SNCB car elle est fermée depuis 2005 et elle attire les squatteurs de toutes sortes. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un simple point d’arrêt.  En 2012, seuls 155 personnes par jour y prenaient en moyenne le train. Le site va être assainit et un parking de 550 voitures, éclairé et sécurisé y sera créé. Il sera le futur Park & Ride à la fin de l’autoroute.  Un plus-value pour le quartier !"

 

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