06/10/2012

Faut-il raser Droixhe ?

La requalification de Droixhe est un des grands projets immobiliers de la mandature 2006-2012. Mais de l’aveu général, le dossier est un échec.

Un plantage", "Un dossier où il n’y a eu que des problèmes", "Un échec et une de mes grandes insatisfactions". Les mots prononcés tant par l’opposition que la majorité à Liège pour qualifier l’un des grands dossiers immobiliers de la Ville lors de cette mandature qui s’achève sont durs. Mais réalistes La requalification de la plaine de Droixhe est un échec

droixhe image.jpgPetit retour en arrière. Fin 2005, l’échevine du Logement Maggy Yerna (PS) soumet au Conseil communal ce projet qui comprend une restructuration complète du site : démolition de certains buildings, rénovation d’appartements sociaux, construction de quelques centaines de nouveaux logements, introduction de commerces et d’espaces de bureaux. Car l’ensemble de buildings de logements sociaux de Droixhe a mal vieilli. Le bâti est en très mauvais état et une telle concentration de logements sociaux avec une mixité de population toujours plus faible devient incompatible avec la qualité de vie des habitants. Le quartier souffre d’une image déplorable, entre éruptions de violence, délinquance et malpropreté.

Le projet de requalification est voté à l’unanimité par le Conseil communal. Les travaux démarrent et la phase démolition est menée à bien. Ceux de rénovation sont toujours en cours. La tour Match fait actuellement l’objet de travaux qui devraient s’achever à la fin de cette année.

Mais le projet a commencé à coincer en 2008 quand la Ville, qui se dirigeait vers un partenariat public-privé, a été incapable de trouver des promoteurs. "La faute à la crise financière", soutient Maggy Yerna. "Il fallait travailler sur l’image du quartier et pas que sur la brique afin de donner l’envie d’investir.", rétorque Bénédicte Heindrichs, chef de groupe Ecolo. "Des entreprises liégeoises étaient preneuses mais elles se sont cassé les dents en raison du coût trop élevé des rénovations des logements", affirme Pierre Gilissen, conseiller communal MR. Et puis, la Ville cède la propriété du site, qui appartenait à la Maison liégeoise, à la Fip (Filière immobilière publique), un organisme "déforcé", qui fonctionne "cahin-caha", selon l’opposition.

Aujourd’hui, tous les partis s’accordent à dire qu’il y a urgence à faire avancer le dossier. "Au MR, nous n’excluons pas de revoir le schéma directeur de l’aménagement pour le rendre plus attractif, quitte à tout raser", déclare Pierre Gilissen. "Il faut créer une cellule prospective pour travailler sur Droixhe et lancer un appel à projets sur des bases différentes", indique Bénédicte Heindrichs. Maggy Yerna évoque "sa désespérance que ce dossier n’ait pas abouti dans un délai raisonnable". "Il faut tirer les leçons de cet échec et repartir avec un projet alternatif plus radical avec une mise de départ communale. Si on ne sait pas rénover, je pense de plus en plus à une démolition", confie-t-elle.

(Source : Lalibre.be - Gazette de Liége)

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