25/06/2012

“ Victime de sa réputation ” Droixhe. Ce quartier de Liège résonne souvent dans l’imaginaire collectif comme un endroit dangereux, voire carrément malfamé.

nabil.jpgSi cette réputation était légitime dans les années 90, les choses ont bien changé depuis. Mais les préjugés ont la peau dure. Car force est de constater que lorsqu’on se balade dans le quartier, on ne ressent aucune animosité. Depuis la destruction de deux des cinq tours - les trois autres restantes étant à l’abandon - la population s’est dispersée aux quatre coins de la ville.

Nabil Taïbi a 25 ans. Il fait partie de cette jeunesse qui a choisi de prendre son avenir en main. Dans quelques jours, il va en effet défendre son mémoire de fin d’études en vue d’obtenir son diplôme de commerce extérieur. “ Vous savez, il y a environ 2.500 jeunes dans tout le quartier de Bressoux-Droixhe. Et je peux vous assurer que lorsqu’on stigmatise la population du quartier, cela concerne peut-être une cinquantaine de personnes, grand maximum ”, confie-t-il ainsi.

Quant à la “ mauvaise ” réputation des lieux, elle ne devrait plus être d’actualité. “ Durant les années 90, on ne peut pas nier qu’il y avait de très gros problèmes de sécurité ici. Il y avait des bandes qui terrorisaient les gens, qui rackettaient les plus jeunes, etc. Et il y avait bien des zones de non-droit. Mais tout cela est passé! Les membres de ces bandes ont 40 ans maintenant, ils ont une famille, un boulot ”, ajoute Nabil.

Dès lors, pour lui, il n’y a pas 36 explications: même si quelques jeunes sèment le trouble, le quartier est victime de sa réputation passée. Car dans son esprit, la jeune génération actuelle est totalement intégrée: “ On parle beaucoup de la connaissance d’une langue nationale. Mais ici, je peux vous assurer que ce n’est absolument pas un problème! Mais si je devais me positionner sur le sujet, je serais clairement pour une obligation de cours de langue pour les étrangers qui arrivent. C’est un facteur essentiel de l’intégration.

Aujourd’hui, Nabil habite Bressoux après avoir passé 12 années dans l’une des tours de Droixhe, aujourd’hui inoccupée. Même s’il y a passé les meilleures années de sa jeunesse, il comprend la volonté des autorités de vouloir briser ce “ ghetto ”. “ Honnêtement, ce n’est pas plus mal, même si je n’oublierai jamais ma jeunesse ici. Cela a permis aux gens qui habitaient ici de tisser de nouveaux liens sociaux avec des gens d’univers différents. Malgré tout, le revers de la médaille, c’est la “ mort ” du quartier. Ici, il n’y a plus rien! Quasiment plus aucune activité. Et ça, c’est dommage. ” Désormais, On attend impatiemment que le projet de réhabilitation de tout le quartier soit sur les rails...

Gaspard Grosjean

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